Non, aucune loi fédérale n'impose de souscrire une IJM. En revanche, l'article 324a du Code des obligations oblige l'employeur à maintenir le salaire en cas de maladie pendant une durée qui augmente avec l'ancienneté. L'IJM est le moyen le plus répandu de couvrir cette obligation. Par ailleurs, certaines conventions collectives de travail (CCT) rendent directement l'IJM obligatoire dans des branches spécifiques comme l'hôtellerie-restauration ou la construction.
L'IJM LAMal relève du droit social: l'assureur doit accepter tout assuré individuellement, mais peut appliquer des réserves pour maladies préexistantes (5 ans au maximum). Les primes sont calculées sur des critères collectifs, et l'assureur peut refuser de couvrir un collectif (entreprise) selon le niveau de risque. Le contrat ne peut pas être résilié librement par l'assureur. L'IJM LCA est un contrat de droit privé avec questionnaire médical, réserves possibles (parfois de longue durée voire définitives), mais une plus grande flexibilité: le taux d'indemnisation peut atteindre 100% du salaire plus facilement qu'en LAMal, et les paramètres du contrat sont modulables. En contrepartie, l'assureur peut résilier le contrat à l'échéance contractuelle.
La durée dépend de l'ancienneté du collaborateur et de l'échelle cantonale applicable. À Genève (échelle de Berne), un employeur doit verser le salaire complet pendant 3 semaines la première année de service, puis cette durée augmente progressivement (1 mois en 2e année, 2 mois dès la 3e année, etc.).
Oui. Un indépendant peut souscrire une IJM individuelle. C'est fortement recommandé, car aucune couverture maladie ne protège automatiquement le revenu d'un indépendant en Suisse. L'indépendant peut également ajouter la couverture du risque accident à son contrat IJM, ce qui est particulièrement pertinent puisque la LAA n'est pas obligatoire pour les indépendants.
Le standard du marché est 80% du salaire brut assuré, versé pendant 720 à 730 jours sur une période de 900 jours consécutifs. Ce seuil de 80% est reconnu comme "prestation équivalente" au sens du Code des obligations. Certains contrats LCA permettent d'assurer jusqu'à 100% du salaire. Le délai d'attente, généralement de 30, 60 ou 90 jours, influence directement le montant des primes.